« Aujourd’hui, être un distributeur indépendant relève du militantisme ! »

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22/08/2017

Créée en 2002, la société Esperanza Production affiche à son compteur près de 80 films produits pour la télévision et le cinéma, dans un désir de s’affranchir des règles et de prendre le contre-pied. Sa fondatrice Sonia Medina, également professeure à l’EICAR, revient sur les métiers de la distribution à travers l’actualité de la société en 2017.
 

Depuis la création d’Esperanza Productions, Sonia Medina , responsable de la formation Assistant(e) de Production audiovisuelle à l'EICAR, a toujours travaillé avec beaucoup d’indépendance, s’évertuant à privilégier le coup de cœur et ne jamais tomber dans une stratégie de recherche de profits.
« J'ai produit et réalisé pour la télévision et il m'est arrivé à plusieurs reprises, parce que le sujet et le film en valaient la peine de prendre l'initiative de le sortir en salles. En 15 ans, j'ai distribué moins d'une dizaine de films alors que j'en ai produit plus de 40. Depuis 3 ans, je reviens au cinéma avec des films assez difficiles, des films d'auteur qui ont parfois du mal à trouver leur public mais qui me semblent indispensables de montrer. »

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Le métier de distributeur consiste avant tout à savoir communiquer sur les films. Accompagné d’un attaché de presse, il/elle développe la promotion d’un film, à travers la création d’affichage, la recherche de salles, l’organisation de projections de presse et d’événements autour de la sortie, la recherche de partenariats.

Le travail acharné de Sonia Medina et d’Esperanza Productions a permis la sortie en France, en juin dernier, du film de Stina Werenfels Dora, adapté de la pièce de Lukas Bärfuss Les Névroses sexuelles de nos parents, et qui s’attaque au tabou de la sexualité des personnes handicapées.

« Être un distributeur indépendant aujourd'hui, explique Sonia Medina, relève du militantisme, surtout lorsque l'on essaie de défendre des réalisateurs et des films qui ne sont pas "mainstream". L’accompagnement de Dora a été pour moi, une grande fierté mais également une grande douleur. Les partenaires que je suis allée chercher –associations de parents d’enfants handicapés, psychiatre, soignants… ont tous refusé de soutenir le film, avec parfois beaucoup de violence. »

Malgré les nombreux obstacles rencontrés, le soutien positif de la presse a permis au film d’être diffusé dans quelques salles. Après sa vie dans les salles, le film aura une seconde vie, voire une troisième : celles de la VOD et de la diffusion télévisée.

L’actu 2017 d’Esperanza Productions ne s’arrête pas là ! « En novembre, j'aurai l'immense plaisir et honneur de distribuer le film Good Vibrations, réalisé par Lydia Erbibou, ancienne étudiante de la formation Réalisation cinéma et télévision de l’EICAR ! »

Rendez-vous dans les salles !