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Agnès Varda : celle qui était Le Cinéma

Culture[s] - 29 mars 2019 - par Jonathan Broda

“Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.”
Albert Camus, L’Étranger

 

Le monde ne sera plus le même, aujourd’hui, le 29 mars 2019, Agnès Varda est morte.
Elle était née à Bruxelles, avait vécu en France, aux Etats-Unis, et sûrement ailleurs encore, elle était l’Europe, elle était le monde.

Elle avait 90 ans ou un peu plus.
Elle avait fait 50 films ou un peu moins.
Elle était photographe, cinéaste, vidéaste et plus encore.
Elle avait un regard précis, précieux, toujours prêt, en alerte.
Elle a changé le cinéma, elle a vécu le cinéma, elle était le cinéma.

Elle avait fait des longs métrages, des courts métrages, des documentaires, des fictions, des installations, des spots, des clips, des trips, mais toujours avec ses tripes.
Elle connaissait tout le monde, ou plutôt tout le monde la connaissait, ou plutôt elle connaissait le monde qu’elle avait parcouru, que ses films ont vu.

De Cléo à Mona, en passant par Thérèse, Pomme et Suzanne, ou encore Jane et j’en oublie, ses personnages féminins resteront gravés en moi, en nous, en cinéma.
Elle a rejoint, Jacques, Chris, Michel et toute sa cohorte d’amis, d’amants, d’âmes… ce qui la rendait parfois un peu triste, comme disait Prévert, elle avait un œil gai et un œil triste.

Elle n’était pas féministe, mais sûrement un peu.
Elle n’était pas pessimiste, mais sûrement en creux.
Elle était optimiste, mais sûrement en vœux.

Elle a glané le monde, filmé le Bonheur et ses Créatures.
Elle a vécu sans toit ni loi, avec celles qui chantaient et celles qui ne chantaient pas.
Elle était le visage de tous les villages, de toutes les plages.
Elle était l’âme de toutes les vagues me laissant un vague à l’âme.

Grâce à elle je ne serai jamais un étranger, L’Étranger.

Mais à cause de son départ sans retour,
Je me sens orphelin et orpheline.

Aujourd’hui la mère du cinéma français s’en est allée.

LOVE U FOREVER AGNÈS

 

Photo de l’article : © V. Hache / AFP