Jérémie Levypon, diplômé EICAR, filmer son époque

Publié le
03/07/2026
img -  Jérémie Levypon

À 26 ans, Jérémie Levypon a déjà filmé à peu près tout ce que la culture française compte de célèbre. Formé à EICAR, diplômé en 2020 du Bachelor Réalisation Cinéma & Audiovisuel, il signe les clips, les publicités et les documentaires qui donnent son visage à toute une génération — au point que Première, dont EICAR est partenaire académique, le sacre « nouvel Averty ».

Le regard d'une génération

Aya Nakamura, DJ Snake, Gims, Pierre Niney, Lena Situations, Squeezie, Bigflo & Oli : dans son numéro de juillet-août, Première dresse la liste, vertigineuse, de celles et ceux que Jérémie Levypon a filmés un jour ou l'autre. Clips électrisants, publicités léchées, documentaires — il a tout traversé sans jamais se laisser enfermer dans un format. Une vidéo qui porte sa signature se reconnaît toujours à la même chose : une virtuosité technique au service d'une idée forte, et des images qui restent en tête bien après le générique.

De la publicité au documentaire

Côté pub, il a récemment croisé la route de son mentor Pierre Niney pour Le Test, la collaboration Lacoste × Alpine où l'acteur et le pilote Pierre Gasly s'amusent au volant d'une A290 Rallye. Un terrain de jeu taillé pour son sens du cadre et du rythme.

« Le Test » — Lacoste × Alpine, avec Pierre Niney et Pierre Gasly.

Côté long, c'est le documentaire qui l'a fait basculer. On lui doit Presque Trop, le film Netflix coréalisé avec Bigflo & Oli, immersion sans filtre dans les coulisses du duo toulousain, puis Trente, portrait d'un vidéaste en pleine crise existentielle passé par les salles avec MK2. Deux films qui disent la même ambition : quitter le pur exercice de style pour interroger ce que créer, aujourd'hui, veut dire.

Bande-annonce de « Presque Trop », coréalisé avec Bigflo & Oli (Netflix).

Filmer son époque

C'est précisément ce que retient Première, qui inscrit Jérémie Levypon dans une filiation prestigieuse : celle de Jean-Christophe Averty, pionnier de l'art vidéo qui offrit aux yéyés leur première identité visuelle. Ce qu'Averty fit pour la génération de Johnny et Sheila, Levypon le ferait pour celle du rap et de YouTube — lui donner un visage, une grammaire, une image à la hauteur de sa vitalité. La chute de l'article ne s'embarrasse pas de nuances : « Vous voilà Averty. »

Il y a, dans ce parcours, quelque chose qui parle directement à ce que défend EICAR. Filmer son époque ne s'improvise pas : cela demande un œil, mais aussi une culture de l'image et la rigueur de celles et ceux qui la fabriquent pour de vrai. C'est le cœur de ce que l'école transmet — la liberté de raconter le monde tel qu'on le voit.

Mon ego me laisse tranquille, il me dit qu'il me reste encore beaucoup à apprendre. Jérémie Levypon, Première n°575

Malgré une carrière que beaucoup lui envieraient, Jérémie Levypon garde cette modestie-là, celle qui pousse à toujours regarder plus loin. Le long métrage l'attend déjà ; le documentaire, lui, restera « vital ». De quoi faire honneur, film après film, à une école qui forme les regards de demain.

Portrait signé François Grelet, photographie de Thomas Laisné, à retrouver dans Première n°575 (juillet-août 2026). EICAR est partenaire académique du magazine Première.