Deux étudiants EICAR au Festival Sœurs Jumelles 2026

Publié le
29/06/2026
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Rochefort a accueilli la sixième édition du Festival Sœurs Jumelles, le rendez-vous national qui célèbre les liens entre la musique et l'image. Concerts, projections, avant-premières et rencontres artistiques : la ville s'est transformée en un grand terrain de jeu où compositeurs, réalisateurs et interprètes se croisent et dialoguent. Une programmation grand public éclatante — de Vanessa Paradis à Benjamin Biolay, en passant par Pomme, Charlotte Cardin ou encore Woodkid — a rythmé la Corderie Royale et les scènes de la ville.

Mais Sœurs Jumelles, c'est aussi, chaque année, un Parcours étudiant : une immersion pensée pour les jeunes des secteurs de la musique et de l'image, avec des temps dédiés pour échanger avec des professionnels confirmés. Plus de soixante étudiants issus d'une quinzaine de grandes écoles y sont accueillis au cœur des rencontres professionnelles — et EICAR en fait partie.

Cette année, Paul Robert et Nina Girault, tous deux en deuxième année de Bachelor Réalisation cinéma et audiovisuel, ont représenté l'école. Entre le volet grand public (concerts, projections et rencontres en ville) et le volet professionnel (tables rondes, débats, masterclass et ateliers), ils reviennent sur une expérience qui a nourri, et parfois bousculé, leur regard de futurs réalisateurs.

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Au cœur des rencontres professionnelles

Le festival a d'abord été, pour nos deux étudiants, une plongée dans les coulisses de la création. Dès l'ouverture, une rencontre animée par le collectif Troisième Autrice a dressé un état des lieux aussi éclairant qu'alarmant : alors que les femmes représentent une large majorité des diplômés des conservatoires, seul un film sur dix confie sa composition musicale à une compositrice. « En tant qu'étudiante, et en tant que femme, j'ai déjà pu constater ce manque de confiance envers les femmes dans les métiers techniques du cinéma », confie Nina Girault, qui repartira avec quatre noms de compositrices en tête pour ses futures équipes. 

Les jours suivants ont enchaîné les temps forts : une rencontre artistique avec le réalisateur Edgar Wright et son compositeur Steven Price (Baby Driver, Last Night in Soho), un partage d'expérience autour de la publicité Le Coq Sportif « Le sport fait vibrer », ou encore une conférence sur la musique de jeu vidéo réunissant des responsables d'Ubisoft et de Zynga. « Je retiens surtout l'intervention de Benjamin Grossmann, qui expliquait qu'il avait tout créé de A à Z, sans références imposées par les réalisateurs », souligne Paul Robert : une manière de rappeler que laisser au compositeur la liberté d'inventer son univers sonore peut faire passer un projet à un autre niveau.

Ce partage d'expérience a d'autant plus résonné chez Paul, passionné de sport et qui prépare un court-métrage de fiction sur un sujet sportif : « Cette conférence m'a vraiment permis de prendre leurs conseils pour trouver un nouvel angle de réflexion pour mon projet et développer de nouvelles idées ; j'ai trouvé ça très enrichissant. »

Une expérience qui change le regard

Au-delà des rencontres, c'est un véritable changement d'approche que Paul et Nina retirent de ces quelques jours. Étudiants Bachelor Réalisation Cinéma & Audiovisuel, ils redoutaient un festival trop centré sur le son ; ils en repartent convaincus que la musique et le bruitage doivent se penser dès l'écriture et la pré-production, au même titre que l'image. « Les personnels du son et de la musique sont souvent les oubliés du cinéma et de l'audiovisuel, et notre rôle en tant que futurs réalisateurs est d'apprendre à les intégrer dès la pré-production », résume Nina.

Vivre un festival de l'intérieur, approcher des intervenants aux parcours impressionnants, comprendre concrètement la relation entre un réalisateur et son compositeur : autant d'acquis qui prolongent la formation bien au-delà des salles de cours.

Une table ronde sur l'avenir du secteur, réunissant notamment le fondateur de Believe et la productrice de Cinétévé, leur a même offert une lecture lucide des mutations de l'industrie — et de la place à conquérir pour les jeunes talents.

Le partage d'expérience « Le Coq Sportif – Le sport fait vibrer ». © Paul Robert
Vanessa Paradis sur la Grande Scène Icelandic, à la Corderie Royale. © Festival Sœurs Jumelles

Un festival qui fait vibrer toute la ville

Car Sœurs Jumelles ne se vit pas seulement dans les salles de rencontres : pendant six jours, la musique et l'image s'emparent de toute la ville. Sur la Grande Scène Icelandic installée à la Corderie Royale, le festival a réuni de grandes voix de la scène francophone — Vanessa Paradis et Oxmo Puccino le 25 juin, Camille en version symphonique, mais aussi Charlotte Cardin, P.R2B ou Mentissa — pendant que projections, avant-premières, expositions et rencontres artistiques (de Woodkid à Léonie Pernet) animaient les autres lieux. Une effervescence dont nos deux étudiants ont pleinement profité, en composant leur propre parcours entre temps professionnels et moments plus grand public.

« Nous avons aménagé notre emploi du temps », raconte Paul Robert, qui ressort « agréablement surpris » par l'événement. Pour Nina Girault, l'essentiel est là : « C'était intéressant de pouvoir vivre un festival de l'intérieur. » Un enthousiasme teinté d'un seul regret, celui de n'être pas restés jusqu'au bout : les deux étudiants auraient aimé prolonger l'expérience pour assister à la rencontre avec le réalisateur Cédric Klapisch.

De quoi, déjà, leur donner envie de revenir — et une belle démonstration de ce que le Parcours étudiant de Sœurs Jumelles peut apporter aux talents EICAR.

Cet article s'appuie sur les comptes rendus rédigés par Paul Robert et Nina Girault, étudiants en Bachelor 2 Réalisation Cinéma & Audiovisuel à EICAR, dans le cadre de leur participation au Festival Sœurs Jumelles 2026.