EICAR Connexions #2 : Une soirée au cœur de l'écosystème audiovisuel lyonnais
Après une première édition réussie, EICAR Connexions est revenu, mercredi 3 juin 2026, sur le campus lyonnais pour une nouvelle soirée placée sous le signe du partage, de l'inspiration et des rencontres. Pensé comme un véritable espace d'échanges, cet événement a réuni professionnels de l'audiovisuel, alumni et étudiants autour de thématiques qui façonnent les industries créatives d'aujourd'hui et de demain.
🎤 Table ronde 1 : Région Auvergne Rhône-Alpes (AURA) L’accompagnement des productions culturelles locales par les institutions
Autour de Guillaume Marin, responsable mécénat et partenariats entreprises de la ville de Lyon, Aurélie Malfroy-Camine, responsable du bureau d’accueil des tournages chez Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, et Pierre Triollier-Berton, directeur des projets au Pôle Pixel, ont pu présenter tout ce que les structures, représentées par les intervenants cités précédemment, mettent en place pour aider les productions culturelles de la région AURA.
Depuis 35 ans, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma soutient les œuvres cinématographiques et audiovisuelles dont la création ou le tournage se déroule en région AURA. Son objectif est d'attirer les productions sur le territoire en valorisant trois atouts majeurs : ses décors naturels et son patrimoine, ses industries techniques et ses talents.
De son côté, le Pôle Pixel accompagne les professionnels de l'image à travers des dispositifs d'accueil, de conseil, de mise en réseau et de formation. Il héberge également un incubateur dédié à l'entrepreneuriat et facilite l'accès aux ressources nécessaires à la réalisation de projets audiovisuels.
Les deux structures œuvrent aussi à l'insertion des jeunes talents. Parmi leurs initiatives figure un fichier recensant les techniciens du territoire, développé avec France Travail et régulièrement mis à jour. Ce fichier permet d'identifier rapidement les professionnels ayant les compétences nécessaires pour un tournage et de les recruter. Les intervenants ont également encouragé les étudiants à valoriser leurs projets scolaires, à les présenter en festival et à multiplier les rencontres professionnelles.
Lorsqu'une production choisit de tourner en Auvergne-Rhône-Alpes, elle bénéficie d'un accompagnement complet. AURA Cinéma peut intervenir comme coproducteur et apporter un soutien financier, organisationnel et humain, tandis que le Pôle Pixel met à disposition son réseau, ses formations, ses équipements et ses infrastructures de tournage.
En 2025, la région a totalisé 1 150 jours de tournage, un chiffre en constante progression. Parmi les œuvres tournées et soutenues sur le territoire figurent notamment Compostelle de Yann Samuell, Anatomie d'une chute de Justine Triet, L'Incroyable Histoire du facteur Cheval de Nils Tavernier, Un p'tit truc en plus d'Artus et La Petite Graine de Mathias et Colas Rifkiss.

🎥 Live : Quand les technologies d’aujourd’hui rencontrent les talents de demain
Présenté par Edouard Vasilić, le live s’est déroulé en deux parties. La première a réuni les Lyonnais Théophile Champaloux, producteur, Gaetano Naccarato, scénariste et réalisateur, Charlie Hopp, chef opérateur, et Luc Margalida, cocréateur de Spark Studios. Ensemble, ils ont échangé sur les nouvelles technologies qui transforment les pratiques de la production audiovisuelle.
Au cœur des discussions, une conviction partagée : la créativité doit rester le moteur de toute œuvre. Si les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle (IA) ouvrent de nombreuses possibilités et facilitent certaines étapes de production, elles ne remplacent ni l’intention artistique ni le regard de l’auteur. Les intervenants ont ainsi souligné l’importance de considérer ces innovations comme des outils au service de la création plutôt que comme des substituts à celle-ci.
Cette évolution soulève également des questions sur la place de l’IA dans les œuvres audiovisuelles. À mesure que ces outils s’intègrent à l’écriture, à la création visuelle ou au montage, où placer la frontière entre assistance technologique et création artistique ? Une réflexion qui pourrait, à terme, interroger les critères de sélection et les catégories des festivals.
À travers des exemples concrets comme NaCloud, outil de post-production alternatif à l’IA développé par Gaetano Naccarato, ou les dispositifs de production virtuelle comme des murs LED de Spark Studios, les intervenants ont démontré que l’innovation peut autant servir l’organisation des projets que la création elle-même. Tous ont néanmoins rappelé que les métiers du cinéma reposent avant tout sur des compétences humaines, une expertise technique et un travail collectif.
Enfin, un message fort a été adressé aux étudiants : dans un secteur en constante évolution, la curiosité, la créativité, la capacité d’adaptation et l'envie d'apprendre restent les qualités les plus précieuses pour construire son parcours professionnel.
Dans un second temps, Faustine Masingarbe, assistante réalisatrice, Lisa Kotvas, ingénieure du son, et Romain Longuet, vidéaste freelance, ont rejoint le plateau. Tous trois alumni EICAR Lyon, ils sont revenus sur leurs parcours et les différentes voies qui leur ont permis d’intégrer le monde professionnel.
« J’ai adoré mes 3 ans chez EICAR, je savais ce qui m’attendait en sortant de l’école et j’avais aussi une idée de ce que je voulais faire », partage Faustine. Après un stage puis plusieurs missions chez Compose It, l’entreprise qu’elle souhaitait rejoindre dès ses études, elle y a signé un CDI avant de devenir récemment intermittente du spectacle afin de se consacrer à la fiction et à son objectif de devenir première assistante réalisatrice.
De son côté, Romain a intégré le Bachelor Montage VFX après le baccalauréat et a commencé à travailler en freelance avant même la fin de ses études. Pour lui, le réseau est un élément clé : « Ce qui m’a permis d’avoir déjà des contacts lorsque je suis sorti d’EICAR, ce sont les missions que j’ai faites à côté de l’école, les contacts qu'on se fait au sein de l’école et surtout les autres expériences qu’on peut faire pendant l’école avec les stages par exemple. » Aujourd’hui, il travaille principalement sur des projets institutionnels tout en développant des formats plus longs comme le documentaire, et intervient également comme enseignant sur le campus EICAR Lyon.
Lisa a quant à elle bénéficié de l’ouverture à l’alternance de certaines formations EICAR. « Pour moi, la porte d’entrée dans le monde professionnel et ce qui m’a permis de trouver ma voie, c’est l’alternance. L’entreprise dans laquelle j’étais en alternance, Studio Anatole, m’a proposé un CDI dès la sortie d’EICAR. »
Pour conclure, les trois alumni ont partagé plusieurs conseils aux étudiants. Oser se lancer, parler de ses projets et développer son réseau dès les études sont, selon eux, des éléments essentiels. Comme le rappelle Romain : « Le réseau se fait bien avant de quitter l’école. » Un point sur lequel Faustine ajoute : « Bien s’entourer c’est hyper important et ça commence dès les études. Et c’est tellement bien de rappeler les copains qu’on se fait à l'école pour un projet après nos études. »
🎤 Table ronde 2 : La place du documentaire dans l’audiovisuel
Le dernier sujet a rassemblé Thibaut Giuliani, directeur culture d’Ulule, Barbara Arsenoult, journaliste, réalisatrice et intervenante chez EICAR Lyon, Louise Kowalski, réalisatrice et photographe ainsi que Gaetano Naccarato, scénariste et réalisateur autour d’une question centrale : quelle place occupe aujourd’hui le documentaire dans un paysage audiovisuel en pleine évolution ?
Pendant l’échange, les intervenants ont rappelé que le documentaire demeure un formidable outil pour raconter le réel et porter un regard sur le monde. Pour Gaetano Naccarato, il constitue surtout « un très beau moyen de créer des images et de raconter des histoires ». Un format qui séduit des profils variés, qu’ils soient issus des médias traditionnels ou des nouvelles générations de créateurs ayant découvert le documentaire sur des plateformes comme YouTube.
L’écriture documentaire a d’ailleurs occupé une place centrale dans les échanges. Barbara Arsenoult a rappelé qu’elle se construit en plusieurs temps : avant le tournage, il faut réfléchir à la cible, aux médias et aux formats auxquels le documentaire est destiné ; pendant le tournage, où les imprévus viennent souvent enrichir le récit ; puis au montage, lorsque le regard extérieur du monteur permet de redonner du sens et de la cohérence au projet.
La discussion s’est ensuite tournée vers les enjeux de diffusion et de financement. Face à la diminution de certaines aides publiques, de nouveaux modèles émergent. Le financement participatif, notamment à travers Ulule, permet à de nombreux projets indépendants de voir le jour et d’atteindre leur phase de postproduction. Les plateformes numériques, les nouveaux diffuseurs, la coproduction avec des régions et même certaines collaborations avec des marques ouvrent également de nouvelles perspectives pour les créateurs.
Entre nouvelles plateformes, nouveaux formats et usages numériques, le documentaire continue de se transformer pour répondre aux attentes des publics. Une évolution qui ne remet toutefois pas en cause les fondamentaux du genre : curiosité, rigueur et travail d’écriture demeurent les piliers de toute démarche documentaire.
Après ces différents temps d'échange, la soirée s'est poursuivie dans une ambiance conviviale, permettant aux intervenants, invités et étudiants de prolonger les discussions, partager leurs expériences et développer leur réseau. Jade Ouvrard et Eloi Riffaud, étudiants du Bachelor Son et Musique d'EICAR Lyon, ont rythmé la fin de soirée avec une prestation de violon suivie d'un DJ set. Entre rencontres, échanges et nouvelles connexions, ce moment informel a pleinement contribué à faire vivre l'esprit d'EICAR Connexions au-delà des interventions.
Cette nouvelle édition d'EICAR Connexions confirme la volonté de l'école de créer des passerelles entre formation, création et monde professionnel, tout en favorisant les rencontres qui feront les projets de demain.







