Lab EICAR IA & Cinéma : Réalisation, L’IA nouvel outil, mêmes fondamentaux

À EICAR, la conférence du Lab IA & Cinéma a réuni Élisabeth Guthmann, François Grandjacques et Stéphane Tranquillin pour échanger avec étudiants et professionnels autour d’une question centrale : l’intelligence artificielle transforme-t-elle le métier de réalisateur… ou en révèle-t-elle les fondamentaux ?
D'abord le Cinéma : sans regard, l’IA ne fonctionne pas
Pour les trois intervenants, le constat est clair : le socle du métier ne change pas. Écriture, narration, découpage, direction artistique restent au cœur du processus. L’IA permet de générer, d’accélérer, de tester mais elle ne remplace ni l’intention ni le regard.
Élisabeth Guthmann rappelle que sans histoire à raconter, les images produites restent “sans âme”. François Grandjacques insiste de son côté sur l’essentiel : apprendre à regarder des films, comprendre les plans, maîtriser la lumière. Autrement dit, l’IA ne simplifie pas le métier, elle en révèle l’exigence.

Élisabeth Guthmann, François Grandjacques et Stéphane Tranquillin

Élisabeth Guthmann, François Grandjacques et Stéphane Tranquillin
De nouvelles possibilités qui s’appuient sur des savoir-faire existants
Là où l’IA change réellement la donne, c’est dans les possibilités qu’elle ouvre. Elle permet de tester rapidement une idée, de créer sans attendre des validations ou des financements, de produire des images auparavant impossibles. Mais cette liberté profite d’abord à ceux qui maîtrisent déjà les codes du cinéma.
Le parcours de Stéphane Tranquillin en est une illustration concrète : après avoir connu un ralentissement d’activité en réalisation classique, il a basculé vers l’IA… au point qu’aujourd’hui, la demande est devenue telle qu’il en vient presque à refuser des projets. Une bascule qui dit beaucoup de l’époque : ce ne sont pas les outils qui créent la valeur, mais la manière dont on les utilise.
Une hybridation déjà en marche
Au-delà des expérimentations, l’IA s’intègre déjà aux pratiques professionnelles. Elle intervient en complément du tournage, notamment en préproduction, en création de décors ou en effets visuels.
Les intervenants le soulignent : l’avenir ne sera ni 100 % IA, ni 100 % traditionnel, mais hybride avec une nouvelle génération de réalisateurs non pas pour remplacer le cinéma tel qu’il existe, mais pour en explorer de nouvelles formes, de nouveaux langages et de nouvelles économies de production.
À travers ces rencontres, EICAR s’inscrit dans une logique claire qui mène à comprendre les outils, les maîtriser, les questionner, tout en conservant ce qui fait l’essence du cinéma : La réalisation, l’écriture, la lumière…








