actualité école de cinéma
  1. Accueil
  2. Le Grand EICAR
  3. Broda fait son Cinéma – Parité ou équité ?

Broda fait son Cinéma – Parité ou équité ?

Culture[s] - 12 mai 2018 - par Jonathan Broda

En cette 71e édition, la question de la place des femmes apparaît comme importante, peut-être plus que jamais au Festival de Cannes.
Cette année, le Jury de la compétition officielle présidé par Cate Blanchett compte 5 femmes sur les 9 membres. En soixante et onze éditions, seules 12 présidences ont été féminines !…
En 1993, Jane Campion a remporté la 1re Palme d’or féminine pour La Leçon de piano… avant d’être nommée présidente du Jury en 2014.
Lors de vingt-huit éditions, les femmes étaient absentes du jury. Soit 40% des Festivals de Cannes sans femmes…

Il faut que cela change…

REUTERS/Jean-Paul Pelissier

 

Ce soir, pour la projection du film de Léa Husson Les femmes du soleil, 82 femmes ont monté les marches ensemble. Et alors me direz-vous ?

Et alors, elles ont monté ces fameuses marches. Seules. Réunies. Et pourquoi 82 ?
Car depuis la création du Festival, 1688 hommes en compétition ont marché sur le tapis rouge et grimpé les marches, mais seulement 82 – QUATRE-VINGT-DEUX –  femmes, moins de 5%…

Parmi ces 82 femmes de cinéma, réalisatrices, monteuses, compositrices, productrices, actrices…, Agnès Varda. La Grande, la Vraie, la Fondamentale Agnès Varda.

AFP / Alberto PIZZOLI

Les lignes suivantes sont extraites de son discours :

«[…] Les femmes ne sont pas une minorité dans le monde, et pourtant, notre industrie veut dire le contraire.

Nous nous tenons sur ces marches ensemble car nous ne voulons plus attendre que le changement opère par magie. 

Nous sommes actrices, productrices, réalisatrices, scénaristes, directrices de la photographie, monteuses, agents artistiques, compositrices, et représentons tous les autres corps de métiers du cinéma.

Nous sommes conscientes de nos privilèges. Nous avons accès à ces marches, nous nous en servons pour bénéficier de leur lumière en solidarité avec toutes les autres femmes qui n’ont pas cette opportunité, dans les usines, à la campagne, et qui souffrent des différences salariales, des hiérarchies abusives, des emplois à temps partiel, des abus dans des lieux de travail dominés par des hommes.

Nous challengeons nos institutions pour organiser activement la parité et la transparence dans les instances de décision et partout où des sélections se font. Pour créer des environnements de travail sûrs.

Nous challengeons nos gouvernements et nos pouvoirs publics de s’assurer que les lois pour l’égalité salariale soient appliquées.

Nous désirons travailler main dans la main avec nos collègues hommes et prendre nos responsabilités pour créer des deux côtés de la caméra des images dont nous croyons fermement qu’elles permettent la prise de conscience.  

Nous voulons que toutes les marches de la société soient accessibles aux femmes.

Élevons-nous ensemble. »

 

Il faut donc que les choses changent, le féminisme prône l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. Comment s’opposer à cette doctrine ? cette philosophie ? ou plus simplement à cet humanisme ? Le féminisme ne serait-il pas le nouvel humanisme ?

Mercredi dernier, dans le cadre d’une table ronde organisée par le CNC sur la place des femmes dans le cinéma français, Sylvie Pialat (productrice de Meurtrières de Patrick Granperret, L’inconnu du lac d’Alain Guiraudie, Timbuktu d’Abderrahmane Sissako… pour ne citer que trois films parmi la vingtaine qu’elle a produit) disait qu’elle préférait atteindre l’équité plutôt que la parité.

La formule est belle. Car en effet, la parité pour la parité ne sert à rien. La finalité est l’équité, mais pour y arriver, il faut surement passer par la parité…

Des événements comme cette « montée des marches des 82 » ne font pas loi. Mais peut-être les lois changeront-elles un jour…

 

Aux caméras citoyennes !

 

Vous aimerez aussi

Toute l'actualité de l'EICAR