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#BFSC / Plutôt Rambo que Rimbaud !

Culture[s] - 23 mai 2019 - par Jonathan Broda

Pour cette 10e journée au cœur du Festival de Cannes, Jonathan Broda s’intéresse à l’arrivée très attendue de l’acteur Sylvester Stallone, venu présenter le 5e opus de la saga culte “Rambo” !

Au mois de janvier dernier, j’ai été au cinéma avec ma fille de 10 ans. Quand je lui ai demandé ce qu’elle voulait voir, elle m’a dit Creed 2 (qui est un peu comme Rocky VIII) et c’était super de voir cela avec elle !

Sly a parlé à la tombe de sa femme, Sly a assumé d’avoir été un mauvais père, Sly a même pardonné à Drago d’avoir tué Apollo

Mais qu’est-ce qui a changé en lui ? En nous ?
Pourquoi vient-il à Cannes ?
Erreur de casting ou volonté de changer les choses ?
Qu’est-ce que Sly aujourd’hui : une superstar “musclée” ou un auteur-acteur “déguisé” ?
Y-a-t-il eu des précédents de ce genre ?

Tout d’abord, Le Sly est venu déjà plusieurs fois à Cannes, pour présenter Cliffhanger en Compétition Officielle en 1993 (46e Festival), et en montant les marches avec tout le casting bodybuildé de Expendables 3 en 2014 (67e Festival).

En 2014, Sylvester Stallone accompagné de Mel Gibson sur le tapis rouge, à l’occasion de la sortie de “The Expendables 3” – © LOIC VENANCE/AFP

 

Plus qu’aucune autre star, Le Sly ne doit son succès qu’à lui-même.

Il a écrit Rocky (en 1976) de ses mains et de la sueur de son front (il a écrit 25 scénarios !), et n’a jamais vraiment bénéficié de l’appui de grands réalisateurs… Les deux meilleurs (?) avec lesquels il a travaillé doivent être le canadien Ted Kotcheff et l’américano-finlandais Renny Harlin, là où son rival de toujours –ou d’une autre époque : les fameuses 80s reaganiennes et les 90s clintoniennes– Arnold Schwarzenegger a eu le Canadien James Cameron, l’Américain John McTiernan et le Hollandais Paul Verhoeven pour briller !
Du coup, il a même fini par réaliser lui-même plus de la moitié des Rocky et un Rambo entre autres (9 films en tout).

Artiste chevronné plutôt que forcené, Le Sly a passé une grosse portion de sa carrière à prouver qu’il n’était pas qu’un tas de muscles, alors que le public ne semblait le suivre que pour eux !
Des occasions de briller, il en a eu : le final déprimé et épidermique de Rambo (1982), son rôle de flic sourd et pataud de Copland (1997) de James Mangold, sa performance en vieux-sage-mentor dans Creed L’Héritage de Rocky Balboa (2015)…

Pourtant l’inconscient collectif ne semble que retenir une caricature de lui-même. L’effet Guignols à l’échelle mondiale !

La première image de “Rambo V : Last Blood” dévoilée

Cette année, Rambo V : Last Blood est au Marché du Film de Cannes.

On se souvient encore avec émotion du bruit qu’avait causé la bande annonce du 4e opus, John Rambo en 2007 et au même endroit, et on se prend à espérer que ce 5e ne l’emmène pas vers sa suite de trop ?

Ce Rambo V : Last Blood, Sly ne le réalise pas lui-même, cédant les rênes à Adrian Grunberg, un habitué des tournages mexicains. Il a été assistant réalisateur de Amours Chiennes, Traffic, Apocalypto avant de réaliser en 2012 Get the Gringo, une comédie d’action avec Mel Gibson.

Mais c’est bien Le Sly qu’on attend, qu’on veut voir brandir une dernière fois une lame de 40cm de long qu’il appelle “couteau”, qu’on veut voir en CinémaScope sur un grand écran dans toute sa splendeur. 
C’est lui la star, une star comme on n’en fait plus ?

D’ailleurs, Le Sly était hier soir au dîner de l’amfAr (American Foundation for AIDS Research fondée par Elizabeth Taylor en 1985), à l’Hôtel du Cap-Eden-Roc où le tout Hollywood présent à Cannes se rend.

Un grand merci à Mike Öpuvty pour sa participation à la rédaction de ce texte !

 

P.S. : Le festival touche à sa fin, les festivaliers sont fatigués, les Jurys commencent à se disputer et même la pluie s’en est allé. Attention cependant à ne pas mépriser les derniers films projetés, ils ont leurs chances aussi : Surveillons donc le deuxième opus de Mektoub my love qu’Abdéllatif Kechiche et bien sur le petit chouchou cannois le canadien Xavier Dolan et son Mathias et Maxime qui sont plus que des outsiders…