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Dheepan. Le bonheur est dans le pré.

Culture[s] - 5 mai 2016 - par Mike Öpuvty

Dheepan… Après le médiocre et inabouti Un Prophète et l’horrible catastrophe tant stylistique que narrative De Rouille et d’Os, j’entre dans la salle plus que prudent, voire méfiant.
Acclamé de toutes parts, Jacques Audiard pourrait bien se mettre à livrer merde sur merde et s’en satisfaire. Bien d’autres ont plongé avant lui…
Aussi, devant cette photo pas dégueulasse et cette narration beaucoup plus fine et distanciée, je me détends vite : Jacques s’est ressaisi ! Son cinéma n’est pas condamné !

 

Dheepan vaut surtout pour ses d’acteurs, justes et singulièrement sympathiques.

On suit avec passion cette famille improvisée, fuyant la guerre et la mort pour trouver la vie et l’amour dans une France totalement exotique, celle d’une cité malfamée… J’en suis venu à remettre en question le titre, tant c’est le trio qui façonne le film.

Et Audiard de le filmer au plus près, sans sombrer dans le pathos facile, sans forcer les événements quand il en a besoin. Ces seules observations placent Dheepan au dessus de ses deux derniers… Mais vient-il côtoyer ses vrais bons films, De battre mon cœur s’est arrêté et surtout Sur mes Lèvres ?

Certainement pas.

Car il y a quelques bémols à souligner de-ci de-là. Certains segments ne servent absolument à rien et n’entraînent ni le spectateur ni le film, comme cette scène de retrouvailles avec un vieux général illuminé… Mais surtout la fin est ratée.

 


Une fin à la Impitoyable où le héros renoue avec ses démons pour rendre justice… Sauf qu’Eastwood ne glorifiait pas son protagoniste : William Munny est un homme brisé qui replonge. Dheepan est un homme acculé qui dit simplement “Fuck it!” et sort la machette. La scène fait de lui un grand héros, déterminé et invincible…


Ça ne marche pas.


 

Détail intriguant : le dénouement d’American Ultra est exactement le même…